1 2 3 4

L'Annonciation - Leonard de Vinci

24/03/2021

L'Annonciation - Leonard de Vinci

Le jardin est tapissé d'un décor de mille-fleurs et s'ouvre sur un fleuve, un port où l'on devine une activité importante.

L'ange salue, et porte un lys, aussi signe de virginité. Marie lit la bible, posée sur un étrange lutrin au riche décor sculpté. La surprise est marquée par son geste de la main gauche.
.
Dans le lointain, des montagnes, dont certaines, très hautes, sans aucune végétation, dans un "sfumato" qu'on retrouvera dans nombre d'œuvres du peintre. Le ciel semble se confondre avec la brume, les montagnes et le fleuve.
.
Les deux personnages sont vêtus avec élégance, les drapés sont somptueux, leurs gestes, gracieux. Les couleurs éclatent. C'est l'irruption du divin dans la vie d'une jeune fille de Nazareth, qui découvre qu'elle est appelée à être la mère de Dieu.

 

Le panneau est peint à l'huile et la détrempe, sur bois. Il s'agit probablement d'une œuvre de jeunesse de Leonardo, datée de 1472-1475, alors qu'il travaillait encore dans l'atelier de Verrochio. Il est désormais conservé au musée des Offices de Florence, et provient de l'église San Bartolomeo de l'abbaye Santa Maria de Monte Oliveto Maggiore, au sud de Florence.

 

 

Les repasseuses - Edgar Degas

14/03/2021

Les repasseuses - Edgar Degas

Elles s'épuisent sur leur travail, dans la chaleur de la blanchisserie. Il faut bien se désaltérer. Le vin viendra peut-être soulager la soif, mais d'autres maux en seront la conséquence. Et pourtant, Degas porte un regard sans misérabilisme sur ces travailleuses. Sans idéalisme non plus, car il sait que la condition ouvrière au 19è siècle n'est pas rose. Il se fait l'observateur attentif du monde du travail, populaire, éprouvé.

 

Ces femmes sont fatiguées. L'une appuie, de toutes ses forces, le fer sur le tissu où ne devra rester aucun faux pli. L'autre baille, tenant sa bouteille par le goulot. Le peintre ose montrer ce geste si naturel, mais peu valorisant. Une bouche ouverte, c'est nouveau en peinture... On est loin des danseuses, des paillettes de l'Opéra qui ont fait le succès de l'artiste ; les petits rats aussi travaillaient, pour vivre. Ici, le labeur est moins charmant. Le décor est dépouillé : on devine le poêle brûlant sur lequel étaient posés les fers avant usage.

 

 La toile épaisse de lin gris se devine par endroit au travers de la peinture. Les tons jouent sur une harmonie de bleus et orangés. Degas traitera à plusieurs reprises ce thème des repasseuses.

 

Cette huile sur toile, peinte vers 1884-1886, est conservée au musée d'Orsay

Le condottiere - Antonello da Messina

04/03/2021

Le condottiere - Antonello da Messina

Le portrait est peint de trois-quart.
Sur la lèvre se devine une cicatrice (souvenir d'un affrontement, d'une blessure ?). Le visage se détache sur un fond noir, sans paysage, sans décor, fond qui se confond presque avec le manteau. Les traits sont précis, sans complaisance. Le peintre n'a pas cherché à en adoucir l'expression.

 

Mis à part le visage, les seuls points clairs sont le fin ruban du haut de la chemise, la fourrure dont on devine qu'elle double le vêtement, et une petite épingle. La coiffure est soignée, les cheveux roux, finement détaillés.

 

Ce petit tableau de Antonello da Messina, peint sur un panneau de peuplier, est considéré comme étant la première peinture à l'huile italienne, après sa mise au point par les flamands. Cette technique permet un modelé et une profondeur supérieurs à d'autres techniques employées à l'époque.

 

Ce tableau de 1475 est conservé au Louvre.

La danse au Moulin Rouge - Toulouse-Lautrec

21/02/2021

La danse au Moulin Rouge - Toulouse-Lautrec

La danse représentée nous semble familière, mais imaginons quels scandales elle a pu provoquer, à une époque où les femmes bien élevées ne montraient pas leurs chevilles. Soulever ses jupons restait choquant, même au cabaret. Et ce n'est pas pour rien qu'on s'y pressait, histoire de s'encanailler.

 

La peinture n’a pas de son, mais on imagine une musique entraînante. Les deux danseurs sont au centre de tous les regards. Derrière eux, hommes et femmes, amateurs de la vie nocturne, se pressent en une masse compacte.

 

Au premier plan, un homme en noir, haut-de-forme et costume sombre, à l’allure dégingandée. Ses jambes démesurément longues lui ont certainement valu le sobriquet dont il a été affublé, « le désossé ». Sans souci d’une perspective réaliste, le peintre lui fait écarter les pieds en un pas gigantesque. Il est vrai que, s’il était connu pour ses qualités de danseur, il était aussi un peu contorsionniste…

 

Nez crochu, menton en pointe, de profil, visage fermé, s’il est heureux de danser, il ne le montre pas. Le peintre le campe d’un trait rapide, comme une esquisse prise sur le vif, sans se préoccuper de reprendre une main déformée : l’essentiel est dans l’impression de mouvement et d’énergie qui se dégage.

 

A ses côtés, une danseuse, dont la robe colorée forme la seule tache claire sur le tableau. C’est La Goulue, célèbre danseuse de cabaret. La touche est légère et accompagne le mouvement des bras retenant les étoffes.

Sa jupe se soulève, les jupons ne sont plus cachés et s’envolent. Tous deux sont entraînés dans une danse célèbre qui a fait la renommée des bals de la Belle Epoque, le french cancan.

 

Des taches blanches figurent des lumières ou peut-être leur reflet dans des miroirs.

 

Cette huile sur toile de 1895 de grande taille (environ 3 mx 3 m) était destinée à la baraque de la Foire du Trône de La Goulue.

Affiche pour les Folies Bergère - Jules Chéret

15/02/2021

Affiche pour les Folies Bergère - Jules Chéret

Le spectacle peut venir à nous au travers de l'art, puisque les affiches destinées à les promouvoir peuvent être de véritables œuvres. A la fin du 19e et au début du 20è siècle, ce sont des artistes peintres qui contribuent à la promotion des salles de spectacles. Jules Chéret en est l'exemple emblématique.

 

Il signe ici une affiche pour les Folies Bergère, cabaret dans lequel se produisait la danseuse américaine Loïe Fuller. Si vous n'avez pas eu l'occasion de voir le court film de sa "danse serpentine", je vous conseille de le regarder. Dans sa grande robe ample, elle cache de longues baguettes qui lui permettent des jeux d'étoffes ondoyants, soulignés par un travail de la lumière. L'usage de projecteurs aux couleurs changeantes était alors très novateur. 

 

Le mouvement est léger, comme le sont les voiles, libérés de la contrainte du corset. Mouvement tout en rondeur, en souplesse. Les cheveux détachés, libres aussi. La femme y apparait joyeuse. 

On retrouve sur l'affiche l'énergie que la danseuse déployait sur scène, avec un instant saisi sur le vif. Les couleurs vives, oranges, jaunes, rouges et verts, devaient attirer le regard des passants. La graphie est, elle aussi, toute en courbes. Comme un manifeste de l'Art Nouveau, mouvement si éphémère, mais si marquant au tournant du siècle.