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Résurrection - Matthias Grünewald

01/04/2021

Résurrection - Matthias Grünewald

 Plaies aux mains, ouvertes, les paumes face à nous, aux pieds et au côté. En une explosion de lumière, Il semble jaillir d’une nébuleuse ronde aux couleurs aussi vives que celles du linceul. L’image est presque irréelle.

 


Ce nimbe coloré, rare représentation, donne une dimension cosmologique à la résurrection. Le visage semble se fondre dans cet environnement. Pourtant, le jour ne s’est pas encore levé, les étoiles illuminent un ciel sans nuage.

 

Cette lumière donne une image d’espérance à ceux qui venaient le vénérer. Son linceul blanc, hier encore ensanglanté du sang coulant des blessures ouvertes, a pris ici les couleurs vives d’un arc-en-ciel d’étoffes au drapé travaillé.

 

A la vue du Ressuscité, les gardes ne sont plus en mesure de garder le tombeau. Ils s’effondrent, comme terrassé par la fulgurance de l’instant. A terre ou sur le point de tomber, ils se détournent. L'incroyable est trop... incroyable.

 


En arrière-plan, un énorme rocher rappelle celui qui ne ferme plus le sépulcre dans lequel Jésus avait été enseveli. On l’imagine rond, pierre roulée pour ouvrir le tombeau , mais c’est un bloc massif qu’a voulu le peintre. 

 


Ce panneau est un des éléments du retable d'Issenheim, visible lorsque le retable est ouvert. Il a été peint par Matthias Grünewald entre 1512 et 1516, à tempera et huile sur bois de tilleul. Destiné à l'église d'un couvent, il est désormais conservé au musée Unterlinden de Colmar.

 


Joyeuses fêtes de Pâques à tous !

L'Annonciation - Leonard de Vinci

24/03/2021

L'Annonciation - Leonard de Vinci

Le jardin est tapissé d'un décor de mille-fleurs et s'ouvre sur un fleuve, un port où l'on devine une activité importante.

L'ange salue, et porte un lys, aussi signe de virginité. Marie lit la bible, posée sur un étrange lutrin au riche décor sculpté. La surprise est marquée par son geste de la main gauche.
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Dans le lointain, des montagnes, dont certaines, très hautes, sans aucune végétation, dans un "sfumato" qu'on retrouvera dans nombre d'œuvres du peintre. Le ciel semble se confondre avec la brume, les montagnes et le fleuve.
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Les deux personnages sont vêtus avec élégance, les drapés sont somptueux, leurs gestes, gracieux. Les couleurs éclatent. C'est l'irruption du divin dans la vie d'une jeune fille de Nazareth, qui découvre qu'elle est appelée à être la mère de Dieu.

 

Le panneau est peint à l'huile et la détrempe, sur bois. Il s'agit probablement d'une œuvre de jeunesse de Leonardo, datée de 1472-1475, alors qu'il travaillait encore dans l'atelier de Verrochio. Il est désormais conservé au musée des Offices de Florence, et provient de l'église San Bartolomeo de l'abbaye Santa Maria de Monte Oliveto Maggiore, au sud de Florence.

 

 

Les repasseuses - Edgar Degas

14/03/2021

Les repasseuses - Edgar Degas

Elles s'épuisent sur leur travail, dans la chaleur de la blanchisserie. Il faut bien se désaltérer. Le vin viendra peut-être soulager la soif, mais d'autres maux en seront la conséquence. Et pourtant, Degas porte un regard sans misérabilisme sur ces travailleuses. Sans idéalisme non plus, car il sait que la condition ouvrière au 19è siècle n'est pas rose. Il se fait l'observateur attentif du monde du travail, populaire, éprouvé.

 

Ces femmes sont fatiguées. L'une appuie, de toutes ses forces, le fer sur le tissu où ne devra rester aucun faux pli. L'autre baille, tenant sa bouteille par le goulot. Le peintre ose montrer ce geste si naturel, mais peu valorisant. Une bouche ouverte, c'est nouveau en peinture... On est loin des danseuses, des paillettes de l'Opéra qui ont fait le succès de l'artiste ; les petits rats aussi travaillaient, pour vivre. Ici, le labeur est moins charmant. Le décor est dépouillé : on devine le poêle brûlant sur lequel étaient posés les fers avant usage.

 

 La toile épaisse de lin gris se devine par endroit au travers de la peinture. Les tons jouent sur une harmonie de bleus et orangés. Degas traitera à plusieurs reprises ce thème des repasseuses.

 

Cette huile sur toile, peinte vers 1884-1886, est conservée au musée d'Orsay

Le condottiere - Antonello da Messina

04/03/2021

Le condottiere - Antonello da Messina

Le portrait est peint de trois-quart.
Sur la lèvre se devine une cicatrice (souvenir d'un affrontement, d'une blessure ?). Le visage se détache sur un fond noir, sans paysage, sans décor, fond qui se confond presque avec le manteau. Les traits sont précis, sans complaisance. Le peintre n'a pas cherché à en adoucir l'expression.

 

Mis à part le visage, les seuls points clairs sont le fin ruban du haut de la chemise, la fourrure dont on devine qu'elle double le vêtement, et une petite épingle. La coiffure est soignée, les cheveux roux, finement détaillés.

 

Ce petit tableau de Antonello da Messina, peint sur un panneau de peuplier, est considéré comme étant la première peinture à l'huile italienne, après sa mise au point par les flamands. Cette technique permet un modelé et une profondeur supérieurs à d'autres techniques employées à l'époque.

 

Ce tableau de 1475 est conservé au Louvre.

La danse au Moulin Rouge - Toulouse-Lautrec

21/02/2021

La danse au Moulin Rouge - Toulouse-Lautrec

La danse représentée nous semble familière, mais imaginons quels scandales elle a pu provoquer, à une époque où les femmes bien élevées ne montraient pas leurs chevilles. Soulever ses jupons restait choquant, même au cabaret. Et ce n'est pas pour rien qu'on s'y pressait, histoire de s'encanailler.

 

La peinture n’a pas de son, mais on imagine une musique entraînante. Les deux danseurs sont au centre de tous les regards. Derrière eux, hommes et femmes, amateurs de la vie nocturne, se pressent en une masse compacte.

 

Au premier plan, un homme en noir, haut-de-forme et costume sombre, à l’allure dégingandée. Ses jambes démesurément longues lui ont certainement valu le sobriquet dont il a été affublé, « le désossé ». Sans souci d’une perspective réaliste, le peintre lui fait écarter les pieds en un pas gigantesque. Il est vrai que, s’il était connu pour ses qualités de danseur, il était aussi un peu contorsionniste…

 

Nez crochu, menton en pointe, de profil, visage fermé, s’il est heureux de danser, il ne le montre pas. Le peintre le campe d’un trait rapide, comme une esquisse prise sur le vif, sans se préoccuper de reprendre une main déformée : l’essentiel est dans l’impression de mouvement et d’énergie qui se dégage.

 

A ses côtés, une danseuse, dont la robe colorée forme la seule tache claire sur le tableau. C’est La Goulue, célèbre danseuse de cabaret. La touche est légère et accompagne le mouvement des bras retenant les étoffes.

Sa jupe se soulève, les jupons ne sont plus cachés et s’envolent. Tous deux sont entraînés dans une danse célèbre qui a fait la renommée des bals de la Belle Epoque, le french cancan.

 

Des taches blanches figurent des lumières ou peut-être leur reflet dans des miroirs.

 

Cette huile sur toile de 1895 de grande taille (environ 3 mx 3 m) était destinée à la baraque de la Foire du Trône de La Goulue.